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IIn Absent Places We Dwell
Exposition à Piano Nobile
Du 21 septembre au 27 octobre 2012
Commissaires de l’exposition Vianney Fivel, Ceel Mogami de Haas, Marie-Ève Knoerle

Evénements parallèles:

28 septembre
Conférence de Camille Vanoye
Lecture de Florent Meng
Présentation de Jeanne Macheret

5 octobre
Programme vidéo, carte blanche à Geneviève Loup

12 octobre
Lecture simultanée de Petra Elena Köhle & Nicolas Vermot Petit-Outhenin

20 octobre
Visite commentée par Vianney Fivel et Ceel Mogami de Haas

27 octobre
Looking in absent places, MP3 curating by Disco to Disto - programmation musicale inspirée du contenu de l'exposition, proposée par Florent Meng
Blue Yodel #5 (Holmes/Watson), performance de Gary Leddington
Présentation de la publication In Absent Places We Dwell , éditée par activeRat, graphisme Johnson/Kingston


Soirée projection du 5 octobre 2012 à 19h
Les espaces négatifs de l’image en mouvement
Programme vidéo proposé par Geneviève Loup
Durée : 62’20’’

L’exposition In Absent Places We Dwell proposée à Piano Nobile par les commissaires Vianney Fivel, Ceel Mogami de Haas et Marie-Ève Knoerle se concentre sur des espaces délimités et construits par des artistes, comme autant de lectures de la notion d’atopographie. Alors que la topographie est la technique de cartographie en deux dimensions et en échelle plus réduite d’un espace physique, l’ajout d’un a privatif évoque des territoires dont les transformations résistent à ce système de notation.
Le temps d’une soirée, deux vidéos et un film d’artistes sont présentés dans l’espace d’exposition, en contrepoint à l’installation temporaire des œuvres. Appréhendée par le biais d’une caméra et d’un agencement de plans, l’expérience de l’espace se situe à différents niveaux, travaillant la tension entre un contexte de travail physique et les structures plus abstraites du langage, puis celles des images filmiques, électroniques et numériques. Dans quelle mesure certaines configurations se soustraient-elles à la description et comment ces espaces négatifs redéfinissent-ils les critères d’appréhension d’un site?

Ant Farm, Inflatables Illustrated
1971-2003, vidéo (avec des séquences tournées en 16mm), 21'20''

Formé en 1968, le collectif de jeunes architectes (Chip Lord, Doug Michels, et Curtis Schreier qui les rejoint l’année suivante) développe des approches alternatives de l’espace quotidien. En réponse aux paradoxes d’une architecture matérialiste fondée sur la prédominance de l’image, Ant Farm propose des structures gonflables qui s’adaptent à un environnement instable. En 1970, est publié Inflatocookbook, un guide donnant les instructions nécessaires à la réalisation de volumes gonflables, et incitant chacun à construire son propre habitat léger et déplaçable. Compilation vidéo de certains projets présentés dans cet ouvrage, Inflatables Illustrated, met en scène une démonstration de l’économie réduite de ces environnements, en réalisant quelques pièces devant la caméra. Parmi les différentes œuvres, 50 x 50’ Pillow (1969, installation temporaire) était initialement prévue pour abriter des concerts de rock, ensuite adaptée pour permettre aux artistes de s’y installer durant deux semaines dans le site désertique de Saline Valley, à l’ouest de Death Valley. Réalisées avec ou sans plan, intégrant facilement des ouvertures, ces constructions prennent des formes changeantes et peuvent être subdivisées en des espaces intérieurs plus restreints.

Redmond Entwistle, Monuments
2010, 16mm (transféré sur Blu-ray), 29'
La transcription des textes anglais de la vidéo (sans sous-titres français) est disponible en photocopies.

Dans Monuments, l’artiste anglais Redmond Entwistle met en scène, joués par des acteurs contemporains, Robert Smithson, Dan Graham et Gordon Matta-Clark. Constitué d’extraits d’entretiens et de textes des trois artistes, le script de ce film se fonde sur des problématiques communes autour de la mémoire des transformations périurbaines. Alors que le personnage de Dan Graham déplie une carte, celui de Robert Smithson, rendu caricatural par sa perruque et ses lunettes, affirme que quelle que soit la distance à parcourir, le marcheur est toujours ramené au point d’origine. Dans la séquence suivante défilent des reproductions d’œuvres de Dan Graham tirées de catalogues monographiques, alors qu’une voix over décrit le développement de son travail, focalisé sur les habitations sérielles et la planification suburbaine. La même mise en forme est reprise pour la démarche de Robert Smithson. La voix lasse de l’acteur décrit sa pratique de collecte de matériaux dans les zones en marge des villes, ensuite disposés et exposés dans des structures géométriques. Amorphe comme un zombie, le personnage de Gordon Matta-Clark parle de manière discontinue de son expérimentation d’autres usages de l’espace, par le recours à des bâtiments désaffectés.
Ensuite, des points sont épinglés sur une carte du New Jersey: Montclair, Englewood, Bayonne, Passaic, annonçant une visite des sites dans lesquels les artistes sont intervenus. Alors que les artistes exposent la nécessité de quitter leur atelier pour investir un contexte culturel politiquement et socialement structuré, les œuvres sont désormais devenues invisibles, disparues avec les particularités des contextes dans lesquels elles s’inscrivaient. Présentées sous d’autres formes, dans des espaces d’exposition, ces œuvres continuent pourtant d’interroger les rapports entre les musées et la ville. Dans le prolongement de ces considérations autour des lieux de production et de présentation, une vue extérieure d’une ancienne carrière est associée au cartel d’une œuvre de Robert Smithson, Nonsite (Franklin, New Jersey, 1968), puis à la monstration d’une installation réalisée à partir des matériaux extraits du site. À ce propos, l’artiste affirme que l’attention peut se focaliser sur des points variables et modifier la perception des rapports d’échelle.
Abordé au travers de Splitting (Englewood, 1973-74), le travail de Gordon Matta-Clark s’articule autour des opérations de coupe dans une surface. Les enjeux analytiques de cette action ouvrent une complexité qui dépasse les choses visibles. Alors que le bâtiment de l’intervention de Splitting est aujourd’hui démoli, le lieu témoigne des changements sociaux opérés au cours du temps, le quartier noir étant remplacé par des arbustes bien alignés. En écho à la prise en compte d’une stratification spatiale et temporelle, les façades standard des architectures en séries sont réagencées par Dan Graham dans Homes for America (projection de diapositives et article publié dans Arts Magazine, 1966-67). En conclusion, le personnage de Robert Smithson propose de reconstruire notre propre incapacité à voir, en donnant forme à une perception en négatif. Cet espace de retrait est mis en œuvre par le hors-champ que convoque le film, comme le décrit Redmond Entwistle dans un entretien avec Stuart Comer : « Si le langage est une tentative de créer un terrain commun de compréhension, un contexte général pour travailler ou pour les œuvres d’art, le film essaie de mettre en doute ce contexte élargi du langage. »1

Seth Price, Digital Video Effect: "Editions"
2006, vidéo, 12'

Le travail de Seth Price pointe les espaces manquants des banques de données numériques, ainsi que le caractère aléatoire de leur exploitation. Digital Video Effect: "Editions" a été réalisée dans le cadre d’une exposition monographique que Seth Price organisa simultanément dans les galeries Friedrich Petzel et Reena Spaulings Fine Art, en collaboration avec le distributeur vidéo Electronic Arts Intermix, à New York en septembre 2006. Intégrée dans la collection de EAI, elle reste l’une des œuvres visible, après que l’exposition ait fermé. Cette vidéo procède du prélèvement d’extraits d’autres vidéos de Seth Price vendues en édition limitée par les galeries Petzel et Spaulings, et par conséquent retirées de l’espace public. Celles-ci incrustaient elles-mêmes des fragments d’œuvres d’artistes tels que Martha Rosler et Robert Smithson. Des échantillons de sons et d’images hétérogènes - œuvres, extraits de films de fiction, images d’actualité et publicités - ont été assemblés de manière relativement arbitraire, à la limite de l’incohérence. Les coupes, tant au niveau du plan que du montage, marquent un changement de registre esthétique et soulignent les intervalles qui séparent des milieux culturels et économiques,
comme autant d’espaces disjoints.


1 Traduit de l’anglais par Geneviève Loup : « If language is an attempt to create a common ground of understanding, a general context for working or works of art, the film tries to place this wider context of language in doubt. » Une conversation entre Redmond Entwistle et Stuart Comer, « What about Limits in Art ? », dans Monuments, New York, Art in General, 2010, p. 25.

 


12 octobre

Performance proposée dans le cadre de l'exposition In Absent Places We Dwell:

There, where I should have been yesterday. I am here today. Lecture simultanée
Petra Köhle & Nicolas Vermot Petit-Outhenin
(en anglais)

Dans cette “lecture simultanée” les artistes choisissent des extraits de leur publication "There, where I should have been yesterday. I am here today." (éditions fink, Zurich, 2010). Textes et images proviennent d'une situation où la possibilité d'une rencontre accidentelle entre deux personnes est analysée. Suivant des règles définies, ils ne sont pas autorisés à se chercher l'un l'autre de manière systématique..

Petra Köhle / Nicolas Vermot Petit-Outhenin are reading parallel excerpts from their publication "There, where I should have been yesterday. I am here today." which was published in 2010 in edition fink, Zurich. The texts and pictures originate from a setting in which the possibility of an accidental encounter of two people was analysed. Following strict rules, they must not look for each other in any systematic way.


27 octobre
Pour le dernier jour de l'exposition, nous vous proposons un accrochage modifié, la présentation de notre publication, une performance et une diffusion de morceaux musicaux choisis:

Dès 17h
Looking in absent places ...
MP3 curating by Disco to Disto
Programmation musicale inspirée du contenu de l'exposition, proposée par Florent Meng

19h
Blue Yodel #5 (Holmes/Watson)
Performance de Gary Leddington
L'artiste donne à voir et à entendre un autre élément de sa série, Blue Yodel dont une pièce est présente dans l'exposition. Il s'agit d'un monologue schizophrénique à partir d'un texte d'Arthur Conan Doyle et d'images d'art minimal (en anglais)

19h15 - 22h environ
Looking in absent places ...
(suite)

Et présentation de la publication In Absent Places We Dwell , éditée par activeRat, graphisme Johnson/Kingston