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My kitchen vs the rest of the world
Elia Buletti
Du 13 mars au 5 avril 2008
My kitchen vs the rest of the world est le titre d’une édition DVD de Activerat (www.activerat.com)
Inauguration de l'édition DVD
My kitchen vs the rest of the world
jeudi 3 avril :
Concert de Peter Percept et
Music by Suzy
Avec l'appui de la Ville de Genève - Département des affaires culturelles
Soutien logistique: Haute Ecole d’Art et de Design, Genève
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Dans son travail plastique, E. Buletti propose un anti-spectacle ; des situations où les éléments ne se livrent pas immédiatement au visiteur mais tels des indices, ils demandent une découverte patiente et une mise en relation des uns avec les autres. L’artiste met un point d’honneur au cheminement de la pensée en situant ses objets, dessins ou vidéos comme des amorces de réflexions. S’il utilise le principe de l’interaction (objets ou travaux d’animation dans lesquels les zones actives sont dissimulées), c’est d’abord un moyen de détourner l’attente d’une chute sensationnelle et par enfilade de créer des situations humoristiques.
Outre sa pratique d’artiste plasticien, E. Buletti crée via des médias divers tels que l’écriture et surtout la musique (performances et djing).
Pour l’exposition My kitchen vs the rest of the world, l’installation de plusieurs travaux réalisés à des dates différentes déploie le fil conducteur d’un processus de création que l’artiste met en relation avec « l’ennui » et avec un certain état de méditation. Figurée par un mot clé écrit à l’aide d’un néon et comme par un jeu de miroir, la thématique de l’exposition ironise en même temps le processus de réception du travail artistique.
Pièces centrales de l’exposition, des saynètes filmées, assemblées sur un support DVD, font l’objet d’une projection. Elles sont accessibles au spectateur après un parcours quasi labyrinthique, un jeu de patience. Muni d’une télécommande, il a plusieurs options face à l’image, passe d’une vidéo à l’autre par tâtonnements et par mémorisation, cherchant les zones sensibles qui permettent d’accéder à la pièce suivante, à l’aide d’un schéma qui retrace la circulation à l’intérieur du DVD.
D’apparence anodine et filmées de manière brute, ces courtes vidéos enquêtent sur le réel que l’artiste a saisi dans et depuis son espace privé tel un journal de bord. Quelques notes insolites, des cadrages de détails, elles documentent autant la simplicité, l’humour que l’intensité extraits d’un environnement quotidien. Dans sa mise en forme, le travail du journal de bord est revisité ; le montage des vidéos étant une étape importante de même que le choix de l’articulation des séquences à l’intérieur du DVD. La bande son, créée à partir d’émissions radiophoniques ainsi que de compositions bruitistes provenant des objets filmés, prend également une importance primordiale dans l’enchaînement des images.
A travers ces séquences, l’artiste illustre de manière ludique et parfois autodérisoire l’émergence des idées, l’influence de la philosophie, l’introspection.
Reprenant la facture du schéma, les dessins imprimés sont issus d’arrêts sur image de certaines saynètes. Là encore, un travail d’interprétation (via l’infographie) synthétise ou développe l’image originale qui est celle du point de vue de la caméra et crée une progression d’un dessin à l’autre. Une chambre est épurée comme pour évoquer un espace mental, par exemple. Diffusant son sens comme sa lumière, le néon permet à l’ensemble des travaux de s’auto-éclairer.
Placé à l’écart, un jeu solitaire schématisé sur une tablette et le visiteur se trouve face à une nouvelle amorce.
Marie-Eve Knoerle
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