| Hélène
Gerster (site)
Ça
lInstallation vidéo
Collaboration son :
Jacques Demierre, Thierry Simonot
Collaboration infographisme :
David Hodgetts
Du 11 octobre au 1er novembre
2003

Détail, 2003, photographie Hélène
Gerster

installation vidéo, son, 2003,
photographie
Hélène Gerster |
Evidemment, on n’est pas obligé
de commencer par le début…
Arnaud Labelle-Rojoux
Dans les deux projections juxtaposées,
un sujet décliné quatre fois se déforme
ou se transforme dans un mouvement lent et ascendant. Surgissant
de nulle part, il grossit , se rétrécit ou explose.
En émergent plusieurs sens, organique, végétal
et d’autres interprétations propres à
chaque spectateur. Les métamorphoses aléatoires,
les superpositions et les parités hasardeuses, décrivent
aussi l’individu, le groupe.
Les figures proposées pourraient être
issues d’images de synthèse, mais c’est
un simple matériau exploité avec un procédé
tout aussi rudimentaire qui les anime. L’objet de départ,
un réceptacle malléable et à la fois
protecteur, est un gant de matière synthétique
dont la forme évolue sous l’effet de l’eau
qui le remplit, parfois jusqu’à l’éclatement.
Les images sont ensuite inversées sur la bande.
Le son, indépendant, qui est projeté dans
l’espace, se diffusant et résonnant sur différentes
surfaces de la pièce, provient lui aussi de ce matériau
: claqué entre deux doigts.
L’installation globale se prête à la contemplation
des images qui génèrent une certaine fascination.
Mais la bande son et parfois les apparitions de gants non
déformés, viennent perturber cette vision. Le
son, décalé par rapport à l’élément
organique des images, ramène à un état
plus brut et les crépitements intensifient l’impression
de rupture imminente. Le gant qui surgit, reconnaissable,
casse un instant la fascination et donne encore un aspect
théâtral ponctuel, jeux de mains, à l’origine
de la pièce.
Derrière ces images vidéo, un travail de la
matière et de sa surface, ainsi que l’impact
de la lumière sur un objet, sont très présents.
L’artiste est d’ailleurs issue de la céramique,
formation qu’elle complète « pour exploiter
d’autres médias, chercher d’autres langages
». Elle en utilise ici des composantes; un côté
artisanal dans le développement et la création
d’une forme, on découvre presque un verre soufflé.
Ainsi ce travail, fait avec des moyens minimaux, n’a
pas peur de l’esthétisme d’un premier degré
auquel succède un second degré à interpréter.
« Sans commencement ni fin… », et avec une
touche d’humour, il peut être pris sous plusieurs
angles.
Marie-Eve Knoerle
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