Victoria
Oldham, family affairs
Installation d’objets, dessins
Du 2 avril au 16 mai 2004
Les Boycotlettes,
sisters from different mothers
Action dans la ville du 19 au 23 avril 2004
documentation dans la vitrine
jouxtant Piano Nobile
Du 24 avril au 16 mai 2004

Vue de l'exposition,
objets hybrides, dessins

Our Chair, chaise en bois,
texte fraisé, 2003
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Deux
expositions parallèles
Cette double présentation place en parallèle
deux démarches artistiques choisies. V.Oldham (présentée
une première fois en 1997 à Piano Nobile) et
les les Boycotlettes. A ces deux démarches correspondent
deux modes de présentation : V.Oldham bénéficie
d’une installation muséale dans l’espace
d’exposition. Un groupe d'objets surréalistes
-objets hybrides mobilier-texte ou objet usuel-élément
organique- est mis en appât, prêt à interagir
avec le visiteur. Des dessins, présentés comme
une forme de manuscrits, relèvent du document presque
photographique d'une œuvre achevée.
Les Boycotlettes agissent dans la ville et annoncent leur
action par un relais de documentation composés sur
la vitrine voisine de Piano Nobile. L’action sera un
affichage d'une série d'autocollants édités
pour l'occasion. Elle sera effectuée en résidence,
pendant le durée d'une semaine, dans le périmètre
urbain de Piano Nobile.
Victoria Oldham, family affairs
Dans les sculptures présentées, en bronze, bois,
faux cheveux ou ongles, travaillées sur les bases de
la sculpture traditionnelle (modelage-moulage et fonte ou
travail direct sur la matière), l’artiste détourne
le sens des objets usuels qu'elle utilise comme matière
de base en y ajoutant un élément organique ou
un contenu textuel. Les œuvres hybrides deviennent presque
chair. Exposées entre-deux formules, sculpture sur
socle ou vitrine de présentation, dans un environnement
clinique, les objets alignés relèvent d’une
fragmentation du corps qui évolue à partir de
traces ou absences du corps jusqu’à une forme
d’où émane un mouvement de jouissance.
Dans son travail en général, certaines pièces
de V. Oldham hybrident un élément enfantin avec
le monde de l'adulte. Un manteau de fourrure, qui n'est autre
que l'assemblage de petites peaux d'animaux en peluche, détourne
l'objet initial en vue d'en faire un prestigieux mais faux
apanage de la féminité. Une série d’objets
domestiques comprend la brosse sous toutes ses formes. Incrustées
de cheveux de poupées ou de femmes (fatales), elle
sont nommées Molly, Daisy, etc. Formellement
surréalistes, ces sculptures jouent sur les juxtapositions
à conclusion grinçante.
Une série de meubles gravés soutiennent des
textes incrustés. Sur une chaise (Our Chair), sans
partir d'un brouillon, presque sans répit, l'artiste
s'adonne à l'écriture. Elle noircit les faces
apparentes et cachée comme elle remplirait un journal
intime ou un cahier de bord. De l'écriture automatique
sort une forme crue. De loin, l'œuvre se perçoit
comme un objet esthétique : les courbes des lettres
gravées décorent et animent le bois. En s'approchant,
en bougeant l'objet, s'ouvre un monde intime, un corps vivant.
Les dessins, présentés ici comme une forme
de manuscrits, sont des relevés aux traits naïfs
d'une œuvre achevée ou d’une situation qui
pourrait faire l’objet d’un installation. Les
suggestions, thèmes et contenus rejoignent ceux des
sculptures.
Dans ses vidéos, souvent inclues dans une installation,
l’artiste met en scène le jeu de l'apparence
par le luxe et la beauté sensuelle. Au-delà
de ces belles images surgissent l'ivresse, la douleur, le
corps exposé au voyeurisme, qui en déstabilisent
la réception. Un son de simulation ou des répétitions
abusives ajoutent une pointe d'humour et de dérisoire
au tragique de la situation.
Le travail de V. Oldham s'ancre dans le quotidien domestique
par les objets choisis, préfabriqués. Au-delà
de la forme très aboutie de l’objet, il y a toute
une déclinaison du corps féminin et des clichés
attachés à son image, d’apparats et de
vulnérabilité, de cru et de périssable.
L’enfance très présente est faussement
innocente, l’intimité de la chair est énoncée
mais non dévoilée.
Marie-Eve Knoerle
Remerciements : Home Service S.A, Maryline Billod, Olivier
Guenin, Lilu
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Autocollant dans l'espace public, 2004
photographie Boycotlettes

documentation en vitrine, autocollants, 2004
photographie Boycotlettes

Autocollant dans l'espace public, 2004
photographie Boycotlettes
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Boycotlettes, sisters from different mothers
Lara Schwander et Melanie Fischer sont diplômées
de la Hochschule für Gestaltung, Basel, option Körper
und Kleid, Corps et vêtement. Ce nom ancien donné
à l’option mode et textile résonne avec
le travail qu’elles ont développé : leurs
vêtements existent plus portés que pendus aux
cintres des boutiques.
Les Boycotlettes ont mis au point un circuit économique
qui produit sa propre matière première, son
propre recyclage. Elles achètent des tissus peu onéreux,
des fins de série et fabriquent des vêtements
qui sont tous des pièces uniques. Leur vente est une
performance qui se tient dans le cadre d’événements
artistiques, au sein de réunions amicales ou par des
actions dans la rue. Les prix restent bas. La mode ne doit
pas être un produit de luxe. Leurs vêtements sont
les vecteurs d’une mise en scène.
L’acheteur est pris en photo dans ses nouveaux habits.
La photo va être transformée en système
graphique qui sera imprimé sur d’autres vêtements
ou sera découpé sur du vinyl adhésif.
Ces autocollants seront collés sur des parois vitrées,
dans des institutions, ou feront plus souvent l’objet
d’un collage sauvage dans la ville. La durée
de vie d’une telle intervention urbaine est aléatoire.
En opérant dans la sphère publique les Boycotlettes
intègrent leur travail graphique (figurines / silhouettes),
dans la signalisation et sur l'architecture d'une ville en
modifiant l'environnement. Elles y superposant la fiction,
presque une narration. Ces signes collés sont des traces
d'une action passée qui, découvertes au hasard,
modifient le décor auquel le passant est quotidiennement
confronté.
Le textile et l’image sont mis en confrontation à
la base du processus de leur travail mais à la fin
ils ne font qu’un. Dans le milieu de l’art elles
disent se préoccuper de mode, dans le milieu de la
mode, elles disent faire de l’art. Si elles se jouent
de tous les codes, n’aiment ni les défilés,
ni la mode de luxe, le rythme de leur production est suffisamment
rapide pour rendre très vite obsolète un travail
encore récent. La constante remise en circuit des signes
produits associés à de nouveaux éléments
génère une évolution rapide des formes.
Remerciements : Pallud Ferblanterie (10 Rue Lissignol)
pour la mise à disposition de la vitrine, Kurt Zihlmann,
et les amis des Boycotlettes
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